Visiter Ars et Trévoux : mon week-end évasion près de Lyon

Huitième étape de mon remake Mange, Prie, Aime – Visiter Ars et Trévoux.

Découvrir Ars-sur-Formans

Détour et destin

Il faut que je vous raconte ! Il m’est arrivé une chose étrange, ici, à Ars-sur-Formans. J’avais déjà entendu des histoires auparavant, des récits qu’on partage la nuit, à la lueur des bougies vacillantes ; lorsque l’orage gronde au loin. On dit que personne ne vient à Ars par hasard ; que cet endroit attire les âmes en quête de réponses…

Et pour preuve. Un jour, un homme, alors qu’il partait en direction de Paris, pour son boulot, a bifurqué. Il avait l’habitude de suivre l’itinéraire Lyon-Paris, mais ce matin, quelque chose a changé : il a fait un détour. Il décide de passer par Ars. Pourquoi ? Aucune idée, mais il s’y sent guidé. Il faut savoir que ça fait 20 ans que notre lyonnais n’a pas mis les pieds dans un lieu sacré. Alors, s’asseoir sur un banc, fermer les yeux et parler à l’Univers, vous imaginez bien : très peu pour lui. Et c’est pourtant ce qu’il va faire. « Là-bas, il s’est passé quelque chose. J’ai eu ma réponse. »

Vous devez savoir. Vous devez entendre cette histoire jusqu’au bout. Ars-sur-Formans détient des secrets, des énigmes qui transcendent le quotidien. Laissez-vous emporter par le récit, et peut-être, vous aussi, trouverez-vous les réponses que vous cherchez depuis longtemps…

Sommaire Visiter Ars & Trévoux

Destination l’Ain

Bienvenue à Ars-sur-Formans, un village enchanteur dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes, situé à seulement 32 kilomètres au nord de Lyon. Perché dans un paysage pittoresque, Ars invite à débusquer un nouveau sentier en soi. Les ruelles pavées, les maisons colorées et l’atmosphère mystique créent le début d’un… « quelque chose ». À quelques pas de là, Trévoux. Ce joyau historique est l’un des « Plus Beaux Détours en France » et est situé au confluent de la Saône et de l’Ain. Avec son bord d’eau, son château imposant et ses vues panoramiques, Trévoux offre le parfait trait d’union au « bien-être ».

Que faire à Ars-sur-Formans aujourd’hui ?

Donner rendez-vous à l’Univers

Tout a commencé avec l’histoire qui va suivre. La première fois que je l’ai entendue, j’étais au restaurant. Les parapluies à l’entrée, les vestes perlaient… Dehors, le ciel s’égrènait de nuages et de pluies d’été. La nuit. Autour de la table, la conversation suivait le menu, on parlait philosophie, genèse et théologie. J’écoute, tout le temps, et interroge, souvent. Je n’ai pas de religion, mais je m’intéresse à tout ce qui nous dépasse, tout ce qu’on ne voit pas et qui pourtant nous porte au quotidien. Je crois en l’Univers, et en sa magie.

« Il est grand temps de rallumer les lumières »

Entre deux bouchées d’avocats, je demande :
« Mais alors, nous avons tous des anges et des guides qui veillent sur nous ?
– Certainement. Tu peux leur parler. Demande-leur conseil et tu auras une réponse. Tiens d’ailleurs, ça me rappelle une histoire. En prison, lorsque j’y animais des ateliers, j’ai fait la rencontre de Marc, un détenu. En parlant avec lui, il me dit croire en Dieu ; enfin, pour être plus précis, il me parle d’un certain curé d’Ars, mais que ça n’a pas toujours été le cas. Alors, je l’interroge : ah bon ? Que s’est-il passé ? Et là, Marc s’exclame : j’ai pu lui parler… Au curé d’Ars ! Je lui ai dit, ok, apparemment, tu as fait des milliers de miracles, tu es devenu un Saint, et tu continues à œuvrer pour notre bien. Si tu m’écoutes en ce moment, je te donne rendez-vous, disons vendredi, dans la nuit, à 23:16, dans ma cellule.
– Et alors ??, demandais-je, la fourchette à mi-chemin entre l’assiette et ma bouche.
– Les lumières se sont toutes allumées ! Elles se sont mises à clignoter, à 23:16, dans les cellules, alors que c’était le couvre-feu et que tout était plongé dans le noir ! »

Ni une, ni deux, allons rencontrer ce thaumaturge !

Informations pratiques | Office de Tourisme d’Ars Trévoux 

Rencontrer la star du village : le curé d’Ars

Qui est le curé d’Ars ? De son vrai nom Jean-Marie Vianney, il voit le jour en 1786. Pas très fortiche en latin, il réussit tout de même à entrer dans les ordres et, en 1818, est envoyé à Ars. C’est par un jour de brume, le 9 février de cette année-là, qu’il croise le chemin du jeune Antoine, un berger de 12 ans. Un peu paumé, l’Abbé lui demande la direction d’Ars-sur-Formans. L’enfant la lui indique. « Eh bien mon ami, lui dit Vianney, tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel. » Un monument a été érigé à l’emplacement présumé de leur rencontre, dans les champs de blé et surplombant la campagne. Je vous conseille de vous y rendre lors du coucher du soleil (comme moi), le paysage est rose doré, calme. Beau.

« Lorsque monsieur Vianney fit son entrée dans la paroisse, il nous parut d’abord plein de bonté, de gaîté et d’affabilité ; mais jamais, nous ne l’aurions cru si profondément vertueux. », rapporte le fermier Guillaume Villier, en 1818. Deux siècles plus tard, Ars accueille, tous les ans, jusqu’à 350 000 pèlerins, venus des quatre coins du monde ! En 1925, soit 66 ans après sa mort, Jean-Marie est canonisé et est reconnu « patron de tous les curés de l’univers », en 1929. Oui, rien que ça. Son cœur repose désormais dans la petite chapelle, près de sa maison.

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Visiter Ars

S’asseoir dans la basilique Saint-Sixte

Au petit matin, je décide de pousser la porte de la basilique Saint-Sixte. Surmontée de ses dômes en robe de turquoise, elle me révèle ses secrets de fabrication. D’abord simple petite chapelle de village de la Dombes, elle s’agrandit de plus en plus afin de pouvoir accueillir le nombre croissant des fidèles qui affluent de toutes parts. C’est en 1862 que des travaux d’agrandissement majeurs sont entrepris sous la direction de l’architecte Pierre-Marie Bossan. Ce nom peut vous sembler familier, car il est également associé à la conception de la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon. Eh, ouais !

Entrez, c’est ouvert

La lumière rayonne de grains de poussière. L’encens circule dans la vapeur d’air. On murmure. J’admire ce que les prières peuvent construire… J’aime beaucoup entrer dans les églises. Il y existe une atmosphère, un petit truc en plus. Comme si je découvrais un monde parallèle, où l’essence de l’existence s’y décelait, là quelque part, entre deux cierges incandescents.

Je fais mon petit tour à pas feutrés dans l’enceinte de la basilique, lentement ; je regarde les colonnes, les couleurs, la dorure, les ogives et autres formes architecturales. Mon regard danse. Il n’y a pas un chat. Je souris. Et puis mes yeux rencontrent ceux clos du curé d’Ars. Immobile, derrière un masque de cire, son corps repose ici. Des frissons parcourent ma colonne vertébrale, jusqu’à remonter au sommet de mon crâne. Et là, je fais ce que je n’avais jamais fait : je m’assois sur le banc, à côté du curé.

Visiter Ars

Ars-sur-Formans

« Il y a quelqu’un ? »

« Vous serez surpris par la taille de la basilique, interpellé par sa structure originale, par le jeu coloré des matériaux : le vert des couvertures des coupoles, le rouge brique du clocher, le blanc et l’ocre de la pierre. », disait le prospectus. Ah bah très clairement, moi, je ne suis pas surprise par ça ! Suis-je en train de me recueillir, là, sur un banc ? Incroyable ! Et, c’est là que j’ai repensé à ce Lyonnais qui avait fait l’école buissonnière pour venir parler avec l’Univers, parler au curé d’Ars. Je rigole. Ça résonne dans la basilique. En moi.

Il y a donc vraiment quelque chose, ici ? Comment il faut faire, d’abord ? Je n’ai jamais prié de ma vie… Euh, bonjour ? Il y a quelqu’un ? J’imagine que je parle au curé d’Ars. J’espère que tu vas bien ? Bon sang, qu’est-ce que je suis en train de faire, moi… J’entends la cloche sonner. Dix fois. Il est dix heures. Oh ! Un rendez-vous ! Mais oui, je dois lui donner rendez-vous, comme Marc avait fait. 

OK, alors si tu as partagé ce moment avec moi, que tu m’as entendue, je te demande de te faire entendre demain, à 15 h. Je serai dans le train pour repartir chez moi. Je souhaite entendre un son, un bruit, une chanson, un appel téléphonique, un rire, n’importe quoi, mais fort, très fort. Et je saurai alors que c’est toi. Euh, bon, voilà… Merci de m’avoir accordé de ton temps. Au revoir ! 

Je coupe la communication, lève les yeux au ciel et retiens un sourire sur mon visage. Bon, bah y a plus qu’à…

Informations pratiques | La basilique Saint-Sixte 

Se faire peur dans l’église Notre-Dame-de-la-Miséricorde

Mes pas résonnent sur les marches en béton. Personne à l’horizon… Mes pulsations de mon cœur battent de plus en plus fort dans mes oreilles. Est-ce la sensation de l’effort ou celle de l’effroi ? J’avais envie de découvrir l’église secrète. Elle passe d’ailleurs souvent inaperçue des visiteurs. Et pour cause, elle est construite en dessous de la terre ! Pour y accéder, il faut se rendre sur l’esplanade, à l’arrière de la basilique Saint-Sixte, et emprunter l’escalier « hélicoïdal à double révolution ». Je descends donc, le long de cet immense escalier en colimaçon, rejoindre l’église Notre-Dame-de-la-Miséricorde.

Une fois arrivée en bas, je dois bien avouer que je me sens mal à l’aise. Il y a quelque chose dans l’atmosphère qui fait hérisser mes poils. Immobile, je sonde les lieux. On dirait un immense bunker. La salle est vertigineusement longue, mais également très oppressante, comme si le plafond ne décollait pas du sol. Des dizaines et des dizaines de rangées de bancs en bois. Une croix géante en face. Je m’imagine des séances occultes, de druides modernes appartenant à une secte rituelle. Bon, bah, c’est pas le tout, mais je vais pas faire de vieux os, ici !

Se rejouer l’Histoire au musée Grévin d’Ars

Rendez-vous à l’Office de Tourisme pour visiter le musée dédié au curé d’Ars. Situé à proximité de sa maison, le musée retrace la vie et l’héritage qu’aura laissé Jean-Marie Vianney. En prélude, une chronologie des faits marquants de l’époque pour que l’on puisse se situer par rapport à l’Histoire. Et, puis, on plonge dans l’histoire. La petite, celle d’à côté, celle du curé d’Ars.

Des personnages de cire racontent la vie et l’aventure miraculeuse de cet ancien fermier, de sa naissance jusqu’à sa mort. La visite se poursuit avec l’exploration de la vraie maison du curé. Les pièces préservées dans leur état d’origine donnent vie à son quotidien. On peut presque sentir la chaleur du foyer dans la cuisine, tandis que la chambre à coucher respire toujours la simplicité et la sérénité qui le caractérisaient. Au fil de la visite, des informations pratiques enrichissent l’expérience. Des guides bien informés partagent des anecdotes fascinantes, éclairant chaque coin de sa demeure. Je fixe chaque objet et écoute l’histoire qu’il a à me raconter. Un intime étonnant d’émotion.

Informations pratiques | Visiter le musée du curé d’Ars et sa maison 

Prendre l’apéro au bord de l’eau à Trévoux

J’arrive à Trévoux en fin d’après-midi. Les teintes chaudes du soleil réchauffent les façades et ondulent sur les flots. Je flâne dans la petite ville et m’arrête à chaque coin de rue du centre historique. Je contemple, et tire le portrait aux ruelles pavées. Parfaite palette vintage !

En me promenant le long des berges de la Saône, je suis captivée par la sérénité du paysage, bercée par le murmure apaisant du fleuve. À mesure que la nuit tombe, les rues s’animent de lumières douces, créant une atmosphère apaisante. Je me dirige vers l’un des charmants restaurants locaux pour savourer une bonne petite salade lyonnaise… Sauf qu’ici, la spécialité c’est le buffet à volonté de grenouilles ! Ah, ok ! Et apparemment, c’est très bon.

La Rue des Arts

J’ai adoré trouver ci et là, des œuvres d’art. La ville embrasse la beauté et l’imperfection du détail à merveille. Elle accueille une douzaine d’ateliers d’artistes et artisans d’art. Un label a même été créé « La Rue des Arts » afin de valoriser la qualité de leur travail. Sculptrice sur pierre, artistes plasticiens, peintres, céramistes, potiers, sculpteurs, maroquinier artisanal, etc. Il y en a pour toutes les pupilles, alors ouvrons l’œil…

Capitale de l’ancienne Principauté de Dombes

Trévoux a été, pendant 200 ans, la capitale de la Principauté de Dombes. De cette époque, elle conserve un château-fort, un Parlement et une apothicairerie. Deux espaces muséographique permettent de comprendre son histoire insolite. Quant au Palais du Parlement, il a été construit dans la décennie 1690 et a accueilli cette institution rare (il n’y avait que 13 Parlements en France !), habituellement réservée aux grandes capitales régionales. Le palais a conservé la salle d’audience intacte avec ses décors d’origine.

En tant que Principauté souveraine, la Dombes avait eu soin de fixer une fiscalité très avantageuse qui avait fait de Trévoux « le Monaco » de la région. Les orfèvres et les tireurs d’or, attirés par des conditions plus favorables qu’en France, étaient venus s’installer en nombre.

La Voie Bleue, Moselle-Saone en vélo

La cité médiévale de Trévoux se situe au carrefour de la Dombes, du Beaujolais et du Grand Lyon. Classée Plus Beaux Détours de France, Trévoux se trouve aussi sur les 700 km d’itinéraires à vélo, du Luxembourg à Lyon. La dernière étape avant de rejoindre Lyon et la ViaRhôna. À pied ou à vélo, on profite du cadre naturel préservé et protégé des anciens chemins de halage qui servaient à tracter les bateaux.

Visiter Ars et Trévoux près de Lyon

Visiter Trévoux et le charme de la vieille ville

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Épilogue

Mon week-end près de Lyon touche maintenant à sa fin. Vous attendez sûrement la révélation quant à mon entretien spirituel avec le Curé d’Ars ! Il est 13 heures quand je monte dans le train. Ma valise rangée, je m’assois, mets mes écouteurs et ferme les yeux. Je les ouvre en sursaut, sort mon téléphone, mets une alarme : 14 h 55. Et me rendors. Le ronron paisible du train me réveille doucement. Des ombres chinoises vacillent sous mes paupières encore closes. Je reste un moment, les yeux fermés, dans mes pensées. Et puis, mon vibreur frétille dans ma poche ! J’éteins l’alarme ! Excitation. Je stoppe la musique. Enlève mes écouteurs. Attente ! Observe le wagon, tends l’oreille… Tout est calme. Les gens dorment, lisent, font leurs mots croisés.

Tout en moi s’éveille, je suis en ébullition. J’attends mon signe ! Je rigole, secoue la tête et, en haussant les sourcils, regarde l’heure. 15 h. Oh, mazette, on y est ! … et puis, rien. Que tchi. Que dalle. Nada. Niet. C’est donc comme ça que rien ne se passa, dans le plus grand des calmes. « Je ne m’attendais à rien, mais je suis quand même déçue ! »

Et, je crois que je viens de comprendre. Le grand bruit, je pense qu’il s’est finalement fait, mais en moi. Faire un détour sur mon chemin de pensée, c’est peut-être ça que je devais expérimenter…

Parfois, faire un détour nous amène exactement là où l’on doit être.

Informations pratiques | Visiter Trévoux 

Où dormir à Ars-sur-Formans

  • Domaine des Garets : un énorme coup de cœur pour Hélène et Thierry, mes adorables hôtes. J’ai passé un séjour merveilleux en leur compagnie. Ils m’ont accueillie avec beaucoup de chaleur et d’amitié. Ma chambre était très bien. Quant au petit déjeuner, un vrai régal. Merci pour tout, ne changez rien !

Où manger à Ars et Trévoux

  • Régina : un repas bon et copieux, avec le fait maison et spécialités locales. Le personnel est sympathique et à l’écoute, tout en restant efficace et discret. (Ars).
  • Le Chaudron : accueil agréable et très bien situé. Les plats sont bons, mais on y vient surtout pour les grenouilles à volonté, leur spécialité ! (Trévoux).

Je remercie l’Office de Tourisme d’Ars Trévoux ainsi que le Sanctuaire. Merci à Martine pour son accueil généreux et chaleureux.
Reportage réalisé dans le cadre de ma mission “Mange, Prie, Aime” avec Villes Sanctuaires en France.

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